Dans son TikTok, Sophie met des mots sur une irritation que beaucoup reconnaissent sans toujours oser l’avouer : être utilisé comme simple compagnie sonore pour combler la solitude des autres. Elle raconte ces appels reçus pendant un trajet, dans le métro, la rue ou la voiture, où l’interlocuteur n’est pas vraiment présent à la conversation.
On entend les annonces, le bruit ambiant, et surtout l’absence d’une réelle intention d’échanger. Sophie résume ce malaise avec une formule percutante : « Je suis quoi ? Un Uber ? » quelqu’un qu’on utilise le temps d’arriver à destination, puis qu’on abandonne sans cérémonie.


Sur plusieurs points, son propos fait mouche. Il est vrai que ces appels donnent parfois l’impression d’être choisis par défaut, simplement parce que l’autre ne supporte pas le silence. Le fait qu’on raccroche aussitôt arrivé, ou qu’on cesse de parler dès qu’une autre présence humaine prend le relais, renforce ce sentiment d’instrumentalisation.
Même chose pour les conversations interminables à la boulangerie : Sophie exprime l’agacement collectif de ceux qui attendent pendant qu’une discussion sans fin bloque la file. Son exigence vouloir être appelé à un moment choisi, quand l’autre est pleinement disponible est légitime. Elle rappelle que l’attention est une forme de respect.
Cependant, certains aspects de son discours peuvent aussi être nuancés. Tout le monde ne vit pas la solitude de la même manière, et appeler quelqu’un pendant un trajet peut parfois être une tentative maladroite mais sincère de garder le contact.
Pour certaines personnes anxieuses ou très sociables, parler en marchant ou dans le métro est simplement naturel, sans intention de « consommer » l’autre. Refuser catégoriquement ces appels peut alors paraître rigide, voire manquer d’empathie.
En réalité, le débat soulevé par Sophie touche à un équilibre délicat entre le respect de soi et la compréhension des autres. Son message a le mérite de poser une limite claire : une conversation mérite d’être un choix réciproque, pas un bruit de fond.


Mais peut-être que la solution n’est pas de raccrocher systématiquement, plutôt d’apprendre à dire : « On se rappelle quand tu seras vraiment disponible. » Ainsi, le lien reste, sans que l’un se sente réduit à un simple remède contre la solitude.
@sophie.loustalot8En fait rester seule c’est un vrai talent 🥇😅♬ son original – Sophie Loustalot



