Dans cet extrait d’une émission diffusée à Télé-Québec, l’échange entre Mike Ward et Paul Arcand offre un rare moment de lucidité sur les dérives possibles de l’entrevue en direct. Mike Ward, fidèle à son ton direct, questionne l’animateur sur son style parfois confrontant, ce fameux « hot seat » qui a marqué sa carrière. A-t-il déjà eu l’impression d’être allé trop loin ?
Paul Arcand ne contourne pas la question : oui, ça lui est arrivé, et plus souvent qu’on pourrait le croire. Il reconnaît ce qu’il appelle lui-même « l’overkill », ce moment où, micro fermé, le doute s’installe.


Arcand explique toutefois le contexte particulier du direct, où l’adrénaline et la pression du temps peuvent pousser à insister davantage. Il admet que certaines entrevues ont eu des conséquences, notamment avec des politiciens qui ne sont jamais revenus en studio.
Mike Ward nuance alors en rappelant que ces invités cherchaient souvent à éviter les questions ou à manipuler le discours. Selon lui, Arcand n’a jamais été agressif gratuitement : la confrontation naît lorsque l’interlocuteur refuse de répondre.
La réponse de Paul Arcand éclaire bien sa démarche journalistique. Insister n’est pas une question d’ego ou de vouloir entendre une réponse précise, mais simplement d’obtenir une réponse claire. Sa comparaison est éloquente : si on pose une question simple et qu’on répond à côté, l’insistance devient légitime.
Il reconnaît toutefois la limite humaine : la fatigue, l’impatience, et ce moment où il avertit l’invité qu’il s’agit de la dernière chance. Une franchise brutale, mais assumée, qui résume bien sa vision du journalisme : exigeante, parfois rude, mais profondément ancrée dans la recherche de vérité.







